Malnutrition :
Objectif "Zéro faim" en 2030 ?

Jeudi 24 juin 2021

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Face à l’augmentation du nombre de personnes en sous-alimentation, l’objectif des Nations Unies d’éliminer la faim dans le monde semble totalement compromis. En effet, d’ici 2030, l’organisation a pour ambition de mettre fin à toutes les formes de malnutrition et faire en sorte que chacun puisse avoir accès tout au long de l’année à une alimentation saine, nutritive et suffisante.

Qu'est-ce que la malnutrition ?

La malnutrition concerne principalement deux types de mauvaises alimentations :

    • La consommation insuffisante de nourriture (Faim, sous-alimentation, insécurité alimentaire)
    • La consommation excessive de nourriture (suralimentation, surpoids, obésité)

Bien que cette deuxième catégorie soit également responsable de nombreuses maladies et que près de 2 milliards d’adultes sont considérés en surpoids, la sous-alimentation a fait l’objet d’une recherche plus approfondie et d’un intérêt plus important ces dernières années.

D’après le dernier rapport de « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde », 690 millions de personnes ont souffert de la faim en 2019 soit 10 millions de plus qu’en 2018.

Les conséquences de la malnutrition

Les personnes en situation de malnutrition doivent faire face à de nombreux problèmes de santé dont certains particulièrement graves. Au niveau de la surconsommation, les conséquences peuvent être l’hypertension, un taux de cholestérol élevé, des risques d’infarctus ou encore des maladies cardiovasculaires. Une sous-alimentation conduira elle a un retard de croissance au niveau de la taille ou du poids et de nombreuses carences alimentaires qui accroissent le risque de maladies graves comme la tuberculose.

    • La malnutrition est la cause de près de la moitié (45%) des décès d’enfants de moins de 5 ans – 3,1 millions d’enfants chaque année
    • Un enfant sur quatre dans le monde souffre d’un retard de croissance. Dans les pays en développement, cette proportion peut aller jusqu’à un sur trois

Une augmentation du nombre de cas depuis 2014

Au début du XXIème siècle, une diminution du nombre de personnes sous alimentés est apparue laissant penser à un recul de ce fléau. Malheureusement, depuis 2014 la tendance est repartie à la hausse avec des prévisions alarmantes pour l’avenir. La FAO estime que si ces prédictions récentes sont exactes, on devrait atteindre 840 millions de personnes touchées par la faim d’ici 2030. Nous sommes alors très loin de l’objectif fixé pour cet horizon.

Une inégalité face à la faim

En raison de le nature des principales causes qui entraînent l’apparition d’insécurité alimentaire, les pays en voie de développement sont les principaux touchés. En effet, les guerres, le manque d’accès à l’eau, la pauvreté et le changement climatique sont des phénomènes qui ont un impact négatif majeur sur le développement et l’équilibre de l’alimentation frappant en grande partie l’Afrique et l’Asie.

L’Afrique est en proportion le continent le plus touché par ce fléau puisque cela concerne 19% de sa population et que cette tendance devrait malheureusement se poursuivre à l’horizon 2030.

Par ailleurs, la pandémie de Covid-19 qui touche le monde depuis un an pourrait accroitre fortement ces inégalités et être responsable de 135 millions de personnes supplémentaires en situation d’insécurité alimentaire aigue.

L'absurdité du gaspillage alimentaire dans ce contexte

Aujourd’hui, 3,3 gigatonnes d’aliments comestibles sont gaspillés chaque année ce qui représenterait en moyenne un gaspillage de 527 Kcal par jour par personne. Or nous savons qu’une personne a besoin d’un apport de 2500 kcal pour une consommation convenable. Dès lors, l’ensemble des personnes en sous-alimentation (690 millions) ont besoin chaque jour de 1725 Milliards de Kcal alors que nous en gaspillons 3952 Milliards soit plus du double !  Ce rapport illustre bien l’absurdité du problème avec d’une part, une partie de la population encore sous-alimentée et d’autres part une quantité considérable de gaspillage alimentaire. Évidemment pour des raisons de logistique et de distribution il n’est pas évident de rediriger immédiatement ce gaspillage vers les personnes nécessiteuses mais cela montre qu’il a y tout de même des solutions. En effet, certaines études affirment que nous pouvons actuellement nourrir plus de 10 milliards d’individus alors que nous sommes 7,5 milliards. La solution pour vaincre la faim dans le monde est donc plus un problème de redistribution et de gestion que de production. Le lutte contre la malnutrition doit passer par la résolution de sujets complexes comme la guerre, la maladie ou la pauvreté mais également par une meilleure gestion et distribution des ressources en renforçant notamment des agricultures plus locales et en réduisant considérablement le gaspillage.

Sources : FAO, Organisation mondiale de la santé, lafaimexpliquee.org, un.org, Humanium.org, geo.fr